voyons

je suis déçu
que ça te surprenne
au téléphone – tu ris plus
je t’ai pas dit
voyons ton nom
tu le sais ton nom que
je te trouve plus juste
que le très-haut
la voix de Pelgag
plus raide
qu’une scie
plus haute
que la scie
qui me surplombe

chu ,,,, chu,,,,, chu,,,all good right now

Je te sais là
de l’autre côté de youtube
pas dada ni high et peinée
souris morte qui déteste l’herbe
je voudrais ressasser ailleurs
les yeux de ce président du parti libéral
qui me disaient ferme ta yeule pis scram
voudrais les offrir à Baal
être châtié vu que c’est pas assez
les yeux de cet homme mal dans sa peau
qui surplombent les cernes des pires travaux
tu es là au bout de la rangée de l’image mnésique
m’attends en larmes toute sourire
me sauves des eaux troubles
puis je m’endors l’onglet ouvert
du piano et un peu de guitare beige
du pain et un bol de gêne
dedans c’est tes yeux bleus battus

j’arrive les mains pleines d’idées détestées

Il faut s’abstenir d’écrire ce qu’on voit. Ne pas pécher, ne pas faire du journalisme de pas de classe. Zola c’tait un creep. Hugo est jamais allé dans le ghetto. Les tableaux suscitent des idées de suicides méga fécondes. Des faux récits d’une tête qui tourne, de coeur qui te lève; d’une inconnue qui se réveille l’âme à l’envers, la chatte pleine d’un jus qui sert de contrat de rupture. Ton devoir est d’écouter tous ces faux-prophètes, jeunes jésus, les ti-jeans fuyant sur le premier boat qui s’affirme sans miracle. Postulat de ne pas mettre de visages, les noms comme des paravents, la vie comme un chat-souris sans chat ni souris; je suis de la pire race, je l’ai toujours été, jamais été sincère, jamais vrai nan; faux et faux dans dix ans, j’en veux dans le cou, sur les seins. Tout se passera à Philadelphie dans le vacarme imaginable de cette insurmontable banlieue.

ça m’a fait de la peine de savoir que l’automne a été difficile pour toi

je te porte en moi; ta peine toute douce, ton drame interne, ta souffrance infectieuse, tes dents molles, tes tics de survie, ta candeur maladive, ta peur glorieuse, ta gorge rocailleuse, tes manques à tout prix, ton hystérie gênée, tes maladresses figées, ta langueur robuste, tes soupirs en rivage, ton inquiétude résiliente, ta tête perdue, ta nuque épuisée, ton dos morcelé et ta voix qui peine, qui creuse, qui est encore à naître, qui attend la mienne, qui désire la chorale plus que la vie.

être lo-fi faute de

cette chanson qui hésite
prend son temps disent les experts
la maladresse c’est pas bien vue
faut dire que c’tait voulu
faire un clin d’oeil
cette chanson hésite
agite ses bras
pour qu’on la laisse
elle me fait penser à des phrases qui sonnent mal
mais qui sont si saintes qu’on se les inscrit sur le bras
cette chanson fait comme si
c’est pas de l’algèbre gros mauvais
ça existe encore plus
c’est une voix qui se refuse
les doigts qui stallent là
en cet endroit où je me crée
tes souvenirs du a&w
cette chanson hésite
et mon sommeil l’écoute

elle veut

elle veut seulement suer dans un spectacle rock
son ventre trempé de bière de sueur
elle apprend à mourir bien mieux que toi
toi qui prend des luttes gagnables
elle veut les remous et la souveraine sécheresse
elle veut ce qu’il te reste d’md pis sacrer son camp
elle veut cacher la vue du gars avec
une calotte des flames de Calgary
de fait elle l’a
soupire des gémissements de vache dans le mic

en nov

ça arrive à moi je dirais que ça m’arrive même
qu’une joie tenace me passe à travers
la moppe qui dégomme les pensées
je me mets à parler normalement
je deviens enfin l’éléphant dont tu rêves
celui qui te couvre des flammes super froides
j’avale ma salive à compte-goutte
comme un homme en santé
je me vois dans le miroir de la 29 rachel
oui rachel – viens voir les réchauffements au sud
c’est rendu qu’on se parle tellement on est chauds
je vois une ville aussi une ville comme dans la Bible
avec des caves qui virent tv star
‘ça fait une différence tu vas voir’
ouais ouais tulsais commouer
que c’pas de vivre avec un but dans vie
qui va t’empêcher de le ranger dans remise en nov

décevant d’être quelqu’un

Oui mais moi je dis tu devrais t’abonner à ce qui t’enlèves
dire les blagues prévisibles sans te défendre
tu devrais bégayer quand tu salues les policiers
tu devrais te pencher devant les côtes
cracher parce que éloigne l’idée
que tu te gères – là ça dit non je suis transparent
tu peux entrer en moi et tu vas saisir ce que tu saisissais déjà
surtout fais-le sans espérer mieux
sans te croire plus smat que le schizo
mieux préparé à la mort
c’est de la bullshit
tu devrais faire le fendant quand on veut le modeste
faire en sorte que tu ressortes le plus grafigné
oui mais moi je dis que tu frises la folie
qu’un moi bien formé en vaut six morcelés
il y a la tristesse générique et celle qui
t’attend dans le lit – aux heures miniatures
tu veux savoir – si c’était à refaire je me rebâtirais
encore moins stable que tu me vois
m’écrouler que les pièces révèlent une mosaïque
qui te fait un sens le temps d’un coup d’œil nonchalant

postulat final: je suis l’autre et il meurt à l’avant-dernière page

le désintérêt oui et aussi l’adhésion aux modalités les plus chiantes
pour se prouver d’abord pour se voir sous la mer au zoo
sur le tape d’une tante à noël entre le dessert pis la fin
pour être humilié oui vulnérable à l’orée de la sainteté
rejeté de ses propres aspirations je deviens lui
qui connait le truc pour passer ses heures
sans que ça se voit sans que ça dérange
le voisinage se dit tiens v’là un volontaire
à se loader de reproches sur sa longueur de front
la moitié des disciples est au courant astheure
que je tends vers le bas et qu’il s’accroche à moi
c’est au moment de la lutte où je monte mes bras
un vrai tit criss qui se laisse attacher sur le poteau
de la domination phatique la plus coup de cochon
que je frotte mon visage en gratteux
la face de pelgag était cachée derrière
celle qu’elle prend pour ne pas briller
dès que ça la fatigue
elle me fait chanter des psaumes
j’y écris je suis perdant
oubliant pas que les lions
sont les miens et que la misère
vaut pas la peine d’être chignée