Parle

Parle parle parle parle parle parle.
Ne sais-tu pas que la première galaxie est née directement de l’ode à la communion?
pArLe pArLe.
Bouge tes mains. Comme si tu orchestrais la forêt derrière toi, parce que oui, tu fais danser les mots quand tu t’abandonnes à ta parole.
Malgré tout ce qu’on te dit sur la logique et son pragmatisme infaillible, tu continues de tomber, malgré, bien malgré toi et tes rêves encagés en lions vaccinés, tu fais de la soupe de grand-mère avec ta parole.
Parle parleparlepalrparleparlepalrpaprlaarplepaprlp.
Même si c’est croche, c’est toujours vrai. Parce que t’as réellement établi le canal entre toi et le reste.

Étripes le silence, en riant, avec les mots que tu veux et les mots qui te veulent.
Parle plus fort et fâche-toi sur les cravatés qui parlent en chiffre.

 

St-Basile

St-Asile

Toujours les mêmes qui te rampent dans peau
Toujours les mêmes 38 gars
Au moment où la nuit s’envole
Ils travaillent tous au IGA
Pis ils aiment pas l’école

St-Asile

Toujours les mêmes encagés dans ta peau
Toujours à se prendre 38 plombs
À défier les limites de l’ennui 
Les temps qui courent devant leur front
Sans même savoir ce qu’ils fuient

St-Basile

Toujours les mêmes 38 lucides
Qui encaissent les barreaux de la banlieue
Et son confort double-tranchant

Mamie

Tu me dis de peinturer le patio
De me lever pis de laisser les livres
Mais le gazon a encore trop d’eau
Pis j’t’encore plus qu’à moitié ivre

Tu me dis de pas écouter trop
De me méfier des chums débiles
Mais être bien seul c’t’encore trop beau
Pis j’ai rien pour fabriquer mon île

Tu me dis ça en riant de colère
De mélange d’espoir et d’inquiétude
Mais lève encore tes mains dans les airs
Pis j’va finir par y gratter de la certitude

Tu me parles encore un peu de haut
De tes 4 pieds qui en valent 22
Mais si je te réponds je vais sonner faux
Pis si j’écoute ce que dises tes yeux
Je risquerais d’être beaucoup mieux

Carrière

Je serais aller en communication
Mais j’avais rien à dire dans le micro
Je vais aller en philosophie
Chercher quoi brasser dans ma tête
Je voudrais écrire et parler
Ou bien te lire et t’écouter
Je voudrais que les choses bougent autour de moi
Que j’en vienne à me demander si c’est moi qui brasse
Mais j’ai rien à brasser encore dans ma tête
Je vais aller en philosophie
Chercher quoi dire dans le micro
Pour redresser notre communication

Y pleut

J’en ai pris des plombs dans chapelle
Pour tout prendre
Pour tout prendre en riant, pour prier un peu
Les yeux ouverts

J’en ai avalé des remords
Creux à se perdre
Creux à se perdre de vue, dans le noir brûlant
J’en mastique encore

J’ai le sourire sincère quand je vire amnésique
Fais-moi oublier
Mais si tu me gèles, gèle-toi aussi
Pour qu’on aligne nos travers psychiques

 

 

Condom sur les tripes

Contraceptive mes retenues accumulées seul avec vingt fenêtres
Place tes mains sur mes oreilles ou mes joues selon l’heure du jour
J’ai des arrière-goûts d’après fêtes
Seul ou non, selon l’heure du jour
St-Basile n’est plus là au bout du fil
Trop jeune ou trop vieux, trop petit ou trop large
Je l’ai arpenter sans bon sens
Quelques polices qui m’épient
Moi et ma mâchoire dessoudé de bar en bar
J’en ai rampé des trottoirs vers mon lit
Appelle-moi plus
Je vais dormir 8 jours ou 8 heures, au moins, au plus, au pire
Vas y décelé les énigmes nocturnes sur lesquelles je me bute
Depuis 8 jours ou 8 heures, j’ai arrêter de surveiller les minutes
Je les laisse faire, elles pis juste elles au fond parce qu’elles n’ont rien d’autre
Contraceptive mes envolées ou bien laisse-moi les étouffer par regrets
Par tous les hochements non-contrôlés sur des beat plus-que-mauvais
Au nom des Boréal rousse enfoncées dans le larynx sans motif
Sans triangle, sans cercle, sans cœur, sans trèfle, sans sens sans sang
Demande-moi plus de te demander des questions sans trajet
J’ai pris ma retraite d’arpenteur

 

Refus global

Et j’ai eu la tremblante envie de défoncer de toute ma hargne, la tête de ceux qui éjaculent la Bible comme de la lave. Mes tics s’enchaînent, l’âme irritée au point de non-retour, au point d’être violé par des mots qui ne me sont même plus adressés.

Je les vois piétiner les gais, vomir sur la jeune avortée, avec leurs références bibliques, terroristes des cœurs. Désaltérés par la seule quiétude d’avoir afin écrasé l’autre avec ses vérités de conserves. Je les enfarge de toute ma pensée, de toute ma vengeance accumulée, de tous les sourires que j’ai feintés, de toutes ces prières pour leur plaire. Recevez sincèrement mes plus grandes envolés de colère périmée par la peur que vous ayez raison dans vos œuvres démoniaques.

Non, la terreur n’a pas d’avocat, pas même Christ. C’est le refus global d’accepter la haine déguisée en ange évangélique. Le refus global de rester les mains sur les genoux à me mordre les joues, pendant que les cœurs sont massacrés.

Et si Dieu en veut ainsi, j’en ferai mon pire ennemi.
Mais malheureusement pour votre morale en trophée, semblerait qu’il traîne avec les brisés, les putes, les cokés et les suceurs de pénis. Il traîne où les blessures saignent et où les cœurs sont vrais.

Je refuse globalement de croire en votre dieu.

Béatifique

À force de se rassurer de leurs propres naufrages, ils ont commencé à croire qu’ils pouvaient réellement animer les courses célestes, celles qui voguent sans conscience des débats que l’humanité porte en elle-même. Dans le confort de l’aveugle devant le carnage, Ils dansent sur des airs frénétiques, drogués par des substances bien plus prenantes que l’héroïne ou l’amour. Et l’ennui possessif les incite même à sourire comme des rescapés qui fuient le précipice. Ils se vautrent en eux-mêmes, ayant tout de même la démence de feinter d’apprécier l’autre dans l’espoir que l’autre en fasse autant, chacun se flatte la nuque en croyant que la main appartient à l’autre. Ainsi les constellations tournent toujours un peu moins vite, le regard braqué sur moi. Et ils redoutent d’avoir mêlés l’origine et le cul-de-sac et ils s’en foutent à la fois parce qu’ils dansent plus vite que leurs changements d’émotions, sur des airs frénétiques, drogués par des substances plus convaincantes que l’âme qui prie aux larmes, submergés par des hymnes plus retentissants que l’amour simplifié à son expression la plus sincère.

Quand tu parles

Tu craches tout le temps quand tu parles
Sur les morts, sur les blessés, sur les peuples
Ça pue le cadavre d’orignal quand tu parles
Ça sent la dictature, ça sent la guerre civile

Ton sourire de soldat trop fier cache plus rien
Les enfants braillent quand tu parles
Les lettres pourrissent dans ta bouche
Et même les plus beaux mots, même quand tu parles

d’amour

Tu l’égorges avec ta langue

Tollé

Tête braquée dans nos mondes de silicone
Hurlements déjantés, démembrés pour tout saisir
Avec nos bonbonnes bourrées de déception
Parle, écoute
Parle, écoute
Nos musiques, bruits de ventilateurs révoltés
Et nos tyrans qui frappent à coup de claviers
Morts depuis la connexion
Sueur brimée sur nos veines
Ébullition de ma fournaise
Le plastique qui fond, jusqu’à redevenir chaire
Ma mesure de justice qui vous pend
Je n’écoute plus
Je ne respire plus
Nos bonheurs, nos saloperies
Attachés au courant effréné
À nos vies simples et virtuelles
Je ne parle plus
Je retrouve la mort de moi
Mes naissances sauvages